Enfants exposés aux écrans : du bon et du moins bon

30 OCTOBRE 2019

De nombreux rapports sont sortis ces dernières années, alertant des dangers des écrans chez les plus jeunes. Or, si les risques sont réels, ils ne concernent que les enfants surexposés (autrement dit en contact avec des écrans plus de 3 heures par jour.) C'est comme pour tout : il faut de la mesure. Bien utilisés, les écrans peuvent aussi être bénéfiques. Explications.

Qui n'a pas craqué devant sa progéniture en train de réclamer un smartphone et/ou une tablette ? En quelques années, les écrans se sont multipliés au sein des foyers. Et les petits, (comme les plus grands), en font un usage de plus en plus important. Mais cela a-t-il un impact sur leur santé et leur développement cognitif ? C'est la question que se posent bon nombre de parents.

Il existe déjà un consensus sur le fait d’éviter autant que possible d’exposer les enfants de moins de 3 ans aux écrans. D'abord pour des raisons comportementales : complètement passif devant du son, du bruit et des lumières, le très jeune enfant reste « scotché » à l'écran et génère de la colère lorsqu'on lui retire ce qui le fascine autant. S'agissant de l'enfant plus âgé, voire adolescent, le problème est tout autant celui du contenu (des jeux violents par exemple) que celui de la quantité.

Ensuite, des raisons médicales sont évoquées par les médecins.  Les jeunes enfants ont besoin de beaucoup de sommeil : la recommandation est de 9 heures par nuit jusqu’à l’adolescence, et 8 heures ensuite. Dans ces conditions, mieux vaut ne pas leur laisser un écran entre les mains au moment du coucher, pour éviter de perturber leurs rythmes biologiques. Également, à haute dose, la lumière bleue émise par les écrans peut causer des dégâts chez les plus jeunes, leur cristallin ne jouant pas encore pleinement son rôle de filtre. Rien n'a encore été scientifiquement prouvé, mais le principe de précaution s'applique : mieux vaut donc prévenir que guérir.

Les experts s'accordent aussi pour dire que plus les enfants utilisent des écrans, moins ils vont avoir de capacité à se concentrer sur une tâche sur un temps long. De plus, ils vont être excités, accentuant encore ces troubles de l'attention. D’autres rapports signalent aussi des effets néfastes le développement cognitif des enfants (mémoire de travail, capacité à s’organiser et à exécuter certaines taches). Ce temps passé devant les écrans empièterait en outre sur le temps consacré à d’autres activités récréatives (sport, jeu avec des amis), qui sont essentielles pour apprendre certaines valeurs.

Le bon usage des écrans

Pour autant, d'autres études tendent à montrer que l’utilisation des technologies numériques par les enfants a essentiellement des effets positifs. Surtout à partir de 8-9 ans. C'est le cas notamment du rapport de l’Unicef de 2017 intitulé “Les enfants dans un monde numérique”. Parmi les bénéfices qu'il énumère, on trouve le sentiment d’être en lien avec ses camarades et la réduction de la sensation d’isolement. Le rapport insiste également sur les bienfaits des jeux pédagogiques "tech", qui aident à développer certaines capacités de manière ludique. Même les jeux vidéo présentent des atouts certains, notamment pour les adolescents. Dans le rapport, ils sont ainsi cités comme une « source de satisfactions positives ».

En résumé, les écrans ne seraient pas mauvais pour les enfants, à condition que leur utilisation soit modérée, contrôlée et qu'ils permettent de développer des interactions. Vous l’aurez compris, il est essentiel de promouvoir un usage raisonné et raisonnable de ces équipements. Pour vous aider, vous pouvez suivre les préconisations de l'OMS (Organisation mondiale de la santé), publiées en avril 2019 et qui précise notamment le temps autorisé d’exposition des enfants devant les écrans, par tranche d’âge (avant un an, pas d’écran ; à deux, trois ou quatre ans, au maximum une heure devant l’écran). Ensuite, pas plus de 2 heures par jour. Vous voilà renseigné !