Comment financer sa transformation digitale ?

17 SEPTEMBRE 2019

Pour une entreprise, la transformation digitale n’est plus une option. Mais encore faut-il en faire un véritable projet d’entreprise, l’organiser et la financer. Pas si simple. Car les retours sur investissement sont plus difficilement quantifiables que pour les autres secteurs. Tour d’horizon des budgets et des sources de financement possibles.

 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon le Lab de BPI France, 1 entreprise sur 5 va disparaître si elle ne fait rien en matière de transformation digitale d’ici 3 ans.

Pourtant en la matière, nos entreprises sont en retard. 60 % des PME n’exploitent pas, ou peu, les données liées à la vente ou la relation client. Et 25 % des dirigeants seulement associent directement les équipes opérationnelles au projet de transformation de leur entreprise.

Vous l’aurez compris, la révolution digitale touche toutes les entreprises et pas seulement les grands groupes. Et surtout la transformation digitale n'est pas qu'une affaire de technologies. C'est avant tout une question de repenser l'innovation, les ressources humaines, la communication, le marketing, la relation clientèle et jusqu’à son modèle d'affaires.

Les PME peuvent tout à fait trouver les moyens de s'adapter. Mais il faut d'abord penser « vision » car il s’agit d’un investissement sur l’avenir avec des enjeux à court, moyen et long terme. Il faut aussi raisonner « organisation interne » en associant, évidemment, les cadres dirigeants mais également les salariés. Le volet humain de la transformation digitale (dépenses de formation, de recrutements, de nouvelles expertises, de conduite du changement, etc.) est la clé du succès. Il ne faut pas pour autant négliger les coûts liés aux nouvelles technologies, à la communication, parfois même à la croissance externe (rachat de start-up ou d’actifs immatériels, etc.) ou encore aux prestations de conseil.

Classiquement, la transformation digitale comprend 6 étapes clés. Commencer la réflexion stratégique, impliquer les collaborateurs, fixer le cap, planifier les chantiers prioritaires, déployer les bons outils digitaux, tester pour mieux apprendre.

En matière de budget, plusieurs solutions s’offrent ensuite aux entreprises pour ventiler les coûts liés au projet de transformation digitale. Ils peuvent intégrer les investissements liés à la transition digitale dans les budgets IT (Informatique/télécoms), dans le compte du directeur des systèmes d’information ou dans les directions métiers.

La plupart des entreprises fonctionnent désormais en recourant au système des POC, les « Proof of concept », des prototypes qui permettent de tester et de valider une solution très rapidement. Le financement d’un POC peut être aligné sur le bénéfice espéré ou sur les coûts prévisionnels. Il peut également faire l’objet d’aides ou de subventions.

Les plus connues sont le Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE), ou le Crédit Impôt Recherche (CIR).

Le CICE a pour objet de financer les dépenses d’investissement, de recherche, d’innovation, de formation, de recrutement, de prospection de nouveaux marchés, de transition écologique ou énergétique et de reconstitution de leur fonds de roulement. Depuis le 1er janvier 2019, le CICE a été transformé en un allégement des charges sociales. Cependant, les entreprises disposant d’une créance d’impôt au titre du CICE pourront l’utiliser pour le paiement de l’impôt de 2019 à 2021.

Pour leurs dépenses de recherche et développement ou encore d’innovation, les entreprises peuvent également bénéficier d’une économie d’impôt allant jusqu’à 30 % du montant de leurs investissements avec le crédit d'impôt recherche (CIR). 

Pour les PME, il est aussi possible d’obtenir un crédit d’impôt innovation (CII) si leurs dépenses concernent des opérations de conception de prototypes ou installations pilotes de nouveaux produits. Le CII s’obtient dans les mêmes conditions que le CIR.

Afin d’aider les entreprises qui se lancent dans une stratégie d’amélioration de leur performance grâce aux usages numériques, l’Union européenne et les Régions ont également mis en place un Chèque Transformation Numérique. Il est financé par le Fonds européen de développement régional (Feder). Il vise à soutenir le déploiement d’une stratégie et d’outils numériques dans l’entreprise, l’achat de logiciels, la formation aux nouveaux usages ou le développement d’un site e-commerce en lien avec les logiciels métiers ou de gestion. Le montant du chèque dépend des prestations.

Au-delà de toutes ces subventions, les entreprises ont également la possibilité d’être accompagnées pour le volet « formation » de la transformation digitale. La principale prise en charge reste celle qui relève de l’Organisme Paritaire Collecteur Agréé (OPCA) pour laquelle les entreprises cotisent. Il est également possible de mobiliser des ressources complémentaires auprès d’autres sources de financement telles que les organismes comme le Fonds National de l’Emploi (FNE), le Fonds Social Européen (FSE).

Pour investir dans les équipements informatiques, de plus en plus d’entreprises ont par ailleurs recours à la location plutôt qu’aux crédits traditionnels. Le matériel est alors mis à disposition pour quelques années sans qu’elles soient obligées de payer le prix total de la machine. Cette solution très flexible facilite le renouvellement technologique régulier à un coût réduit et rend plus facile la refacturation sur différents métiers et business units.

Les banques sont donc un partenaire clé des entreprises pour mettre en place des solutions de financements adaptées telles que le crédit-bail, la location financière ou encore la location évolutive.

Pour la partie logicielle, les entreprises peuvent également faire le choix de l’abonnement à un logiciel en mode SaaS (Software as a Service). Cela représente un coût plus faible qu’un achat de licence traditionnel. Cet abonnement couvre en effet différents services : l’utilisation du logiciel, mais aussi sa maintenance, la gestion des sauvegardes, l’infrastructure IT complète (serveurs et systèmes d’exploitation bases de données). Le coût d’utilisation passe alors en budget de fonctionnement et non en investissement.