Le pilotage de la trésorerie dans le Grand Poitiers : retour d’expérience
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Le pilotage de la trésorerie dans le Grand Poitiers : retour d’expérience

Ni trop, ni trop peu : une gestion optimisée de la trésorerie des collectivités relève du pilotage de précision. Partage d’expérience avec Cyril Viot, responsable des Ressources financières pour la Communauté Urbaine de Grand Poitiers et la commune de Poitiers.

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Comment le Grand Poitiers pilote-t-il sa trésorerie ?

Cette gestion est quotidienne, 5 jours sur 7 toute l’année et mobilise un agent dédié quotidiennement. En moyenne, la gestion des différentes lignes de trésorerie représente la charge de 20 % d’un ETP. Chaque jour en début d’après-midi, le Trésor Public nous adresse un état de prévision des dépenses et recettes programmées pour le lendemain, ainsi que la situation à l’instant T sur notre compte au Trésor. L’agent dédié à ce suivi effectue alors un arbitrage si nécessaire, en procédant à un tirage sur la ligne de trésorerie (pour éviter tout déficit) ou à un remboursement partiel de cette même ligne, si un excédent est prévu.

La Communauté a donc souscrit une ligne de trésorerie. Comment cette dernière a-t-elle été dimensionnée ?

Son dimensionnement annuel intègre une marge de précaution ; il n’a que peu varié depuis 10 ans. Il est d’usage de plafonner le montant d’une ligne de trésorerie autour d’un à deux mois de recettes de fonctionnement et le Grand Poitiers se situe dans ces ratios.

En 2019, nous avons souscrit 15 millions d’euros de ligne de trésorerie sur le Budget principal du Grand Poitiers et 15 millions d’euros également pour la Ville. Le montant de la ligne de trésorerie a eu tendance à diminuer pour la commune et à augmenter pour la communauté, pour prendre en compte les transferts de compétences opérés ces dernières années, ainsi que le récent élargissement du périmètre géographique de l’agglomération.

Comment la ligne de trésorerie est-elle concrètement utilisée ?

En 2018, sur le Budget Principal du Grand Poitiers, il a été effectué 127 tirages sur cette ligne, pour 124 M€ au total. Et nous avons procédé à 69 remboursements distincts, pour le même montant cumulé. Les arbitrages sont donc quasi quotidiens.

Vous n’avez toutefois pas établi de plan de trésorerie annuel. Pourquoi ?

La réalité est que nous n’en avons pas besoin. Nos flux de dépenses et de recettes sont conséquents, mais pour la plupart récurrents.

Les montants les plus important côté recettes et côté dépenses sont connus et « tombent » à des dates régulières. Les paies sont ainsi passées autour du 22 du mois. Le montant de la fiscalité versée est également connu et anticipé.

Pour les flux à caractère plus exceptionnel, nos collègues des divers services nous communiquent à l’avance les montants des gros mandats de dépenses. Et nous connaissons également à l’avance nos pics de recettes, comme celui qui résulte, mi-juin, d’un gros versement de DGF de la part de l’État, pour régularisation des 6 premiers mois de l’année.

Comment collaborez-vous avec le comptable public autour de la gestion de trésorerie ?

L’engagement du comptable public de nous fournir quotidiennement un état des dépenses et des recettes prévisionnelles à J+1 nous permet de tendre vers une « trésorerie zéro » tout au long de l’année, ce qui constitue bien sûr notre objectif principal.

Pour le reste, nous appliquons la loi et, dans les faits, nous faisons souvent mieux ! Ainsi les mandatements de dépenses, payables à 10 jours, le sont en moyenne dans un délai bien inférieur. Dans une situation exceptionnelle, il serait toujours possible de décaler d’un ou deux jours un paiement qui nous ferait approcher du montant maximal de recours à la ligne de trésorerie mais toujours dans le respect du délai des 10 jours.

Pourquoi avoir choisi la Banque Postale pour ce qui concerne votre ligne de trésorerie ?

La Banque Postale présentait l’offre la plus compétitive. Les outils mis à notre disposition sont très simples d’utilisation et offrent une grande souplesse de gestion. Tout se fait via Internet. Plus d’échange de mails ou de fax : en 3 clics, un ordre est passé et le versement intervient à J+1.

Quels sont les conseils que vous donneriez à une autre collectivité pour une gestion de trésorerie optimisée ?

La ligne de trésorerie ne constitue pas une fin en soi. Il est intéressant de coupler la gestion de cette ligne avec celle de la dette à moyen et long terme. Une gestion optimisée doit être globale.  L’idée consiste à contracter des emprunts un peu en amont d’une opération, avec des phases de mobilisation de plusieurs semaines ou plusieurs mois, ce qui permet un peu de marge de souplesse en termes de trésorerie.