Éclairage public : « Comment mieux consommer et payer nos investissements avec les économies réalisées ? »

04 AOÛT 2019

Sous-Préfecture des Vosges, Neufchâteau est la première ville de France à équiper l’entièreté de son parc d’éclairage public d’un système de commande intelligent pour régler l’intensité lumineuse de chaque candélabre. Un investissement au service de la performance énergétique, soutenu par un prêt vert de La Banque Postale. Les explications du maire, Simon Leclerc.

 

Pourquoi avoir choisi d’investir dans le domaine de l’éclairage public ?

Nous sommes partis d’un constat : le parc d’éclairage public communal subissait un taux de pannes élevé, lié à un niveau d’obsolescence important.

Un audit réalisé en 2015 sur l’ensemble du système – candélabre et luminaires, mais aussi réseaux et armoires électriques - a permis de confirmer nos intuitions. Nous avons alors décidé de traiter le problème globalement, en renouvelant la totalité des équipements des divers points de lumière de la ville et en optimisant le flux lumineux point par point, en fonction des besoins.

L’éclairage est une question cruciale pour une commune comme Neufchâteau. La ville est en effet réputée pour son patrimoine : elle figure parmi les 100 plus beaux détours de France et comporte un secteur sauvegardé qui est mis en lumière.

 

Concrètement, comment fonctionne le système d’éclairage intelligent?

Un boîtier connecté est installé sur chaque candélabre de nouvelle génération (à LED). Ce capteur permet de détecter les éventuelles pannes, mais aussi et surtout de régler l’intensité de chaque luminaire à l’aide d’un ordinateur, d’une tablette ou d’un smartphone. Cela en fonction des besoins d’éclairage propres à chaque rue, et de manière évolutive au fil de la nuit. L’éclairage est ainsi plus vif jusqu’à 23h, puis baisse en intensité jusqu’aux environs de 6h, heure des premiers départs au travail. L’intensité peut être réglée sur mesure, à l’occasion d’une fête de rue par exemple.

L’intérêt de la solution, par rapport à l’extinction des points lumineux la nuit, est qu’elle préserve la sécurité des habitants.

 

Quelles sont les économies attendues ?

Nous tablons au minimum sur 65% de baisse de la consommation d’électricité associée à l’éclairage public. Ce qui représentera une réduction de 58 à 59% sur le montant de nos factures. C’est considérable et cela impactera également notre budget de fonctionnement courant, avec un effet positif sur les remplacements de luminaires et la maintenance des équipements.

 

Ce sont là les objectifs assignés au Contrat de Performance Énergétique conclu par la commune. Qu’est-ce qu’un CPE ?

Le Contrat de Performance Énergétique (CPE) est un outil mis à disposition des collectivités territoriales par la loi Grenelle 1. Le CPE vise à améliorer la performance énergétique d’un ensemble de bâtiments ou d’équipements publics. Il s’agit d’un contrat passé entre un maître d’ouvrage public et un opérateur privé spécialisé. Aux termes de ce contrat, investissements et services concourent à améliorer l’efficacité énergétique, avec des objectifs fixés préalablement.

En ce qui nous concerne, un CPE a été conclu en 2017 avec une entreprise qui a su nous proposer une solution particulièrement novatrice. Ce contrat nous engage pour une durée de 12 années. Les objectifs d’économies définis constituent un minimum assorti de pénalités si ce minimum n’est pas atteint. Un suivi annuel pointu nous permettra d’en mesurer l’avancée exacte.

L’avantage du CPE est que contrairement aux anciens contrats d’affermage, il donne toute la souplesse nécessaire à la collectivité pour piloter son programme d’investissement en fonction de l’évolution de ses contraintes financières. Cela avec une visibilité totale sur les prix, connus à l’avance.

Quelle est l’importance des investissements consentis et quel sera le retour sur investissement ?

L’idée est de payer les investissements nécessaires au renouvellement de notre parc d’éclairage public par la baisse de nos factures d’électricité. Et c’est ce qui va se passer.

Le budget total de l’opération est de 2,4 millions d’euros sur 12 ans. Or sans même prendre en compte les subventions, la différence entre les annuités de prêts remboursées et les économies générées, cela va dégager une marge de 20 000 euros dès 2020. Le montant des économies réalisées dépassera donc le coût généré par le prêt. Et nous allons dégager suffisamment d’autofinancement pour le rembourser.

 

Où en êtes-vous du déroulement de ce programme d’investissement ?

Sur les 2000 points d’éclairage de Neufchâteau, 500 ont déjà été remplacés sur 2017 et 2018. Une seconde tranche de travaux, à l’automne 2019, permettra de renouveler 800 points lumineux de plus. L’installation des capteurs se fera au gré de l’avancée de ces renouvellements. À l’issue des 12 années de CPE, 100% du parc communal d’éclairage public aura été remis à neuf. Et nous sommes la première commune en France à associer un système d’éclairage intelligent à un plan de rénovation global.

Avec 1,7 millions d’euros investis sur les 3 premières années du CPE, nous avons choisi d’opérer une forte impulsion au départ, pour bénéficier immédiatement des économies de fonctionnement découlant de nos investissements.

 

Un prêt vert de La Banque Postale vous a été octroyé. Quel est, selon vous, l’intérêt de cette formule de prêt ?

Ce prêt, d’un montant d’1,2 millions d’euros, nous permet de financer la principale tranche de travaux, sur 2019. Le choix s’est opéré sur le niveau du taux, particulièrement compétitif. Le fait que le prêt soit vert, donc refinancé en cohérence avec nos objectifs au service de la transition énergétique, est un « plus » indéniable.